THE ARTIST

Ce soir, je suis allée voir The artist avec mes filles.

Pas parce que je venais de défendre Jean Dujardin (cf. article précédent). Non juste parce que j’avais envie de le voir depuis un moment mais mes enfants étant plus réticentes, j’avais abandonné l’idée. Pourtant on peut dire qu’elles sont habituées à voir des vieux films. Ma plus jeune fille m’a même rappelé ce matin que je leur avais montré Le pirate noir avec Douglas Fairbanks, et qu’elle n’était pas emballée de voir notre OSS 117 national en version muette et en noir et blanc.

Je ne regrette pas d’avoir insisté. The artist est un film magnifique, bouleversant, subtil et nous ramène à l’essence même du cinéma. La magie opère à chaque instant, et semble entourer le film depuis sa genèse. Imaginez un peu un type assez fou (Michel Hazanavicius) pour lancer en 2011 : « Tiens j’ai envie de réaliser un film muet en noir et blanc sur une star de Hollywood dans les années 20 ». Et un autre type (Thomas Langmann) qui lui répondrait « Ok je te suis, vas-y on fonce, I am in ! »

Si ça ce n’est pas magique déjà ! Oser pasticher les plus grands (on pense évidemment à Chaplin mais pas seulement) dans leur pays d’origine et y parvenir avec autant de talent, de délicatesse, d’imagination.

La bande annonce avait l’air de raconter tout le film en deux minutes, mais il n’en est rien. The artist c’est l’histoire d’une star qui refuse obstinément le passage au cinéma parlant et va courir à sa perte par orgueil. Mais c’est aussi une véritable histoire d’amour, entre Peppy Miller, élue nouvelle star du cinéma parlant et lui. Une histoire d’amour qui parait impossible et qui pourtant ne les quitte jamais.
Mais ce qui nous éblouit au-delà de cette histoire et de cet hommage rendu au septième art, ce sont toutes les jolies trouvailles de mise en scène, poétiques et inventives, comme ce bras glissé par Peppy dans la veste de George Valentin pour s’enlacer elle-même, ou comme cette très belle scène de danse des pieds où les deux protagonistes se retrouvent sans se voir. Chaque plan nous replonge dans une émotion première, celle qui nous rappelle qu’un film c’est avant tout une représentation, un spectacle qui nous touche, nous fait rêver, rire et pleurer dans ce qu’il a de plus universel, d’immortel et d’essentiel.

Dans une scène où Peppy Miller, devenue star, est interviewée, elle explique aux journalistes que son succès est lié aux possibilités offertes par le cinéma parlant, la parole effaçant tous les gestes superflus. Pourtant des deux c’est elle qui minaude le plus.Le regard anéanti de George Valentin, assis juste derrière elle, prouve le contraire. L’émotion vient de l’expression et du corps, pas seulement des mots. George Valentin joue des rôles d’aventuriers, il bouge, saute, court, tue, délivre, sans un mot. Comme il reste muet devant sa femme qu’il délaisse. Le monde de George est muet, mais quels mots pourraient s’ajouter à l’image de lui englouti par les sables mouvants ? Et si finalement ce n’était pas les gestes qui étaient superflus mais les mots ?

Jean Dujardin (bah oui j’y arrive enfin !) est stupéfiant et là encore, on se dit que les mots sont vains. On a juste envie de se lever, de lui sourire, de le remercier du regard, de l’applaudir et de danser comme lui.

Et on espère vivement que la magie opérera jusqu’au 26 février…..

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