DJANGO UNCHAINED, un film jouissif

Je sors du dernier film de Tarantino, Django Unchained. Je ne peux même pas dire que j’y allais avec un enthousiasme débordant ni avec une attente particulière.
Je suis ressortie dans un état jubilatoire, prête à dégainer mon exaltation à qui voudrait l’entendre et me battre face au premier abruti qui aurait à redire sur cette partie-là de l’Histoire. C’est aussi ça l’effet Tarantino, couplé à l’effet western sur fond d’esclavagisme : une véritable identification avec le personnage de héros vengeur et une folle envie de dégommer tous les affreux blancs négriers qui passent. Bon c’est sûr que je n’en ai pas rencontré en sortant sur mon chemin, mais sinon ils auraient fait dans le froc c’est sûr !

Le docteur Schultz (excellentissime Christoph Waltz dont on espère qu’il gagnera l’oscar du meilleur tireur-acteur-bonimenteur) est un chasseur de primes. Il libère Django (Jamie Foxx tout en intériorité), un esclave noir et l’embauche pour que ce dernier lui désigne les trois frères Brittle qu’il doit abattre pour le compte du gouvernement. Django est désormais un homme libre qui tire plus vite que son ombre. Schultz lui propose de le seconder dans ses autres contrats et de l’aider en retour à retrouver sa femme Broomhilda, vendue sur le marché des esclaves. Et nous voici dans la seconde partie du film à Candieland où rien ne ressemble au pays de Candy (vous savez la blonde pleurnicharde).

Calvin Candie (Leo di Caprio dans un rôle de vrai méchant) est un riche propriétaire dont la seule distraction est d’organiser des combats d’esclaves. Le sang gicle, les yeux se crèvent et les hommes s’entretuent sous l’ordre de leur maitre. Calvin est aussi le propriétaire de Broomhilda et les deux chasseurs de prime vont tenter de ruser pour acheter la femme. Mais Stephen (Samuel L Jackson) esclave noir, sorte de double de l’oncle Tom est bien plus malin et repère la supercherie. Dans l’horrible monde de l’esclavagisme, le rôle de Stephen apparait comme le plus choquant : un noir plus impitoyable encore qu’un blanc envers ses propres frères.

S’ensuit la vengeance tarantinesque de Django où les balles fusent, les corps se déchiquettent dans un ballet aussi improbable que magnifique. Pas d’accord avec le grand Serge (Kaganski), la mise en scène est enlevée, classique et pop à la fois, digne d’un grand film de genre et par moment kitch comme les western spaghettis dont ils s’inspirent.  Tarantino ne s’épargne pas puisqu’il s’octroie un rôle d’affreux, sale et méchant négrier dont la fin est spectaculaire.

Et nous, on jubile à chaque coup de fusil vengeur comme dans un western spaghetti dont j’ai oublié le titre mais qui m’avait marqué pour la scène suivante : le bon est caché dans un buisson alors que tous ses ennemis l’entourent prêts à lui trouer la peau. Un méchant dit « fais ta prière. Au nom du père, du fils, du saint esprit ». Et là le type sort de son buisson et se met à tuer tout le monde en scandant « ainsi soit il ».

Je crois que si c’est aussi jouissif c’est parce qu’il n’y a rien de plus beau que le sentiment de justice rendue et même si le cinéma ne répare pas l’Histoire, il a ce pouvoir étrange de nous faire croire un cours moment que la vie et l’amour sont plus forts que toute l’horreur humaine.

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