AMERICAN SNIPER, un film légendaire

Le dernier film de Clint Eastwood American sniper créé la polémique. Hymne à l’héroisme patriotique, éloge de la guerre, film raciste. On a surtout envie de dire que c’est indéniablement et avant tout un grand film américain.

 

Chris Kyle est élevé dans une famille conservatrice du Texas. Il boit de la bière, fait du rodéo et rêve de devenir cowboy. Un vrai texan. Il utilise sa première arme à feu à sept ans et déjà son père lui trouve un don pour le tir. Lors d’une partie de chasse, son père lui apprend que pour bien tirer, il ne faut pas hésiter. Il suivra ce conseil. Il décide de s’engager dans la marine américaine et au lendemain du 11 septembre, est envoyé en Irak. Très vite il devient un sniper redoutable et acquiert le titre de véritable légende. Porté par ses idéaux et sa mission « d’ange gardien », il abat ses proies de sang froid du haut des toits. Nulle place au doute quand il s’agit de protéger les siens même quand ses cibles sont des femmes ou des enfants.

De cette guerre on n’apprend pas grand chose, Eastwood filme le coeur des combats dans ces villes désertées où les marines cherchent l’ennemi à chaque porte. Aucun regard critique sur cette invasion impérialiste qui pourtant a sucité une opposition massive dans le monde. Le propos du film n’est pas là, il se concentre sur le portrait de cet homme érigé en véritable héros sans chercher à le défendre ni à le justifier. En cela la mise en scène de Clint Eastwood est virtuose. Rarement on aura été aussi loin dans le réalisme de l’instant du tir. Kyle participera à quatre opérations en Irak, avançant toujours plus près d’un point de non retour, broyé par cette violence inouie et inutile. A chaque retour chez lui, il parait de plus en plus désemparé par l’indifférence de ses concitoyens face à cette guerre. Il refuse de voir combien il met en péril sa famille par son éloignement et son incapacité à reprendre une vie normale. Bradley Cooper est prodigieux dans son interprétation qui va bien au-delà du de l’exploit du corps qu’il s’est taillé pour ce rôle. Il apporte à son personnage les nuances d’un homme pris au piège de son idéologie et de son intégrité patriotique pour qui il est désormais impossible de revenir en arrière.

Kyle ne ressort évidemment pas indemne de ces séjours belliqueux et addictifs, reste planté devant son écran de télé éteint hanté par le bruit des balles ou devant une bière dans un bar, incapable de rentrer chez lui. Il lui faudra une quatrième piqûre de rappel et un ultime combat dans une scène magistrale au coeur d’une spectaculaire tempête de sable pour enfin choisir d’abdiquer. Reste sa fin absurde où après avoir échappé aux balles ennemies, il est lâchement abattu par un ancien vétéran. On pense alors au film de Laurent Becue Renard Of men and war sur le traumatisme post guerre qui aurait fait un bel épilogue au film d’Eastwood à la place de ces images d’archives hyper patriotiques qui émeuvent autant qu’elles effraient. On préfère garder en mémoire le regard de Cooper-Kyle qui rappelle celui d’un autre Cooper (Gary) et héros malgré lui dans Sergent York de Howard Hawks.

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