CE SENTIMENT DE L’ETE ou comment survivre à l’absence de l’autre

Sasha vit à Berlin avec son amoureux Lawrence. D’une minute à l’autre, tout bascule quand Sasha s’effondre dans un parc en plein coeur de l’été. Ce sentiment de l’été défile sur trois années entre Paris, Berlin et New York et capture le temps qui passe, la vie qui continue après un deuil.
Un film d’une douceur mélancolique et d’une beauté solaire saisissante.

La famille de Sasha réunie à Berlin après le drame s’affaire à organiser au mieux le rapatriement du corps de leur fille. C’est une famille soudée, belle, pleine d’amour. On est loin des portraits de famille conflictuelle entre mesquinerie, remords, coups bas, culpabilité ou désamour. Ils pourraient presque énerver tant ils sont bienveillance et douceur. Tout comme Zoé (Judith Chemla), la soeur de Sasha qui n’est que sourire. La vie doit continuer et Lawrence (Andres Danielsen Lie, toujours aussi formidablement juste et touchant) finit par quitter Berlin. Son errance semble suspendue à un temps estival qui se déplace d’une grande ville à une autre. L’été suivant, Lawrence le passe à Paris et retrouve Zoé. Entre eux l’attirance est certaine, ils se comprennent, se ressentent, ont en commun cette figure disparue qui les relie à jamais. Puis vient New York, cité solaire, où le temps d’une escale, Zoé retrouve Lawrence revenu vivre dans sa ville.

Ce sentiment de l’été nous emmène avant tout dans ce qu’il y a de plus essentiel laissant de côté les sentiments inutiles, parasites comme l’amertume ou la colère. La vie suit son cours inexorable et chacun doit continuer sa route en acceptant de laisser le temps alléger leur peine . Si les accents rohmériens sont perceptibles dans le film de Hers, on ne retrouve pas la verve chère à Rohmer. Ici la place est moins aux mots qu’aux fils invisibles qui nous relient les uns aux autres et nous permettent d’avancer. Il y a tant d’amour dans ce film que c’en est renversant. Derrière les mots de rien, les blagues d’une mère à son fils, les questionnements d’un ami « grilleur de steak » dans un restaurant, le regard troublé de Ida ou l’approbation de Zoé en plein concert, se cachent les émotions indicibles, celles qui nous tiennent debout. Lawrence erre d’une ville à l’autre, croit ne pas pouvoir y arriver. Il ne sait pas encore que depuis tout ce temps, il n’a jamais quitté la route. Celle vers la vie.

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