ROSALIE BLUM, un ratage d’un ennui mortel

Un coiffeur de province mène une vie tranquille et ordinaire jusqu’au jour où il croise une épicière quinqua qu’il croit reconnaitre et se met à la suivre. « Leur vie va changer » nous promet l’accroche de Rosalie Blum. Non, en fait vous n’aurez pas mieux, pas plus, comme dans Les chiffres et les lettres.
Adapté de la BD éponyme de Camille Jourdy, le premier film de Julien Rappeneau, fils de Jean Paul, est la preuve parfaite que l’on peut faire du cinéma sans aucune vision et en laissant le spectateur en état de mort cérébrale.

Je n’ai pas pour habitude de dire du mal des films que je vois d’abord parce que je les choisis et suis rarement déçue mais surtout parce que je n’écris pas sur tous les films que je vois et préfère donc parler de ceux que j’aime. Je vais faire ici une petite exception car là il faut avouer que je suis tombée sur une pépite ! Je pensais avoir été invitée à découvrir un feel good movie made in France. Je me suis retrouvée devant un très mauvais téléfilm écumant à peu près tous les clichés du genre avec autant de finesse qu’une charge de sanglier.

Vincent Machot (Kyan Khojandi) suit partout Rosalie Blum (Noemie Llvosky) depuis qu’il l’a croisée dans son épicerie. Est-ce parce qu’il est amoureux ? Est-ce pour fuir sa mère qui le tient encore par le cordon ombilical quand elle ne joue pas aux poupées (si, si) ? Ou autre chose de plus traumatisant ? Rosalie, par l’intermédiaire de sa nièce, va le suivre aussi car rien de tel qu’un peu de piment dans une vie morose à Nevers. Bref, on ne comprend pas bien pourquoi ils se suivent mais franchement on s’en fout pas mal. Rien, absolument rien ne retient l’attention, ni les dialogues convenus, ni l’absence totale de mise en scène, ni l’intrigue tellement téléphonée qu’on devine d’avance le plan qui va suivre. A défaut de nous surprendre, le film aurai pu nous émouvoir ou nous faire rire. En vain. La plus grosse blagounette du film c’est quand l’une des copines d’Aude, la nièce de Rosalie qui suit le suiveur (vous me suivez ?), se fait pipi dessus tellement elle a la trouille. Mouarfff !!! Bidonnant.

Rosalie Blum est une sorte de gros gâteau bien lourd avec tellement de couches qu’on ne peut rien avaler. .Julien Rappeneau ne nous épargne rien, il y est allé à la pelle(teuse) entre la fille rebelle qui cherche à s’émanciper de sa famille bourgeoise, le coiffeur trentenaire sous l’emprise de sa vieille mère, la quinqua solitaire qui cache un grand secret. Certes ils correspondent aux personnages de la BD mais était-il pour autant nécessaire d’en faire des caricatures sans aucune incarnation ? Chaque personnage a son pack accessoires pour souligner sa personnalité, y compris le conseiller Pole emploi qui arbore un gros badge « Pole emploi », on ne sait jamais, il aurait pu perdre le spectateur à ce moment-là devant tant de complexité. On se dit que Julien Rappeneau a du être bien traumatisé par Mulholland Drive.

Et comme si le gâteau n’était pas déjà assez indigeste, il en rajoute dans la description des personnages (j’ai dit description pas psychologie hein).  Aude, la jeune femme rebelle vit dans un atelier d’artiste avec un colocataire fauché et loser. Elle-même ne travaille pas, dort jusqu’à midi car c’est bien connu les chômeurs sont tous des branleurs qui se lèvent tard et fument des pétards comme les chats des Nuls. Heureusement elle a un talent caché de photographe que sa tata a bien repéré ! Rosalie, elle, essaye d’écrire en boucle une lettre à son fils Thomas mais n’y arrive jamais, alors elle froisse ses lettres et quand Vincent les retrouve en fouillant ses poubelles, c’est au milieu de boites de Prozac et de paquets de cigarettes (le pack dépression/solitude/quinqua). On a également droit à une autre couche avec les deux lourdauds qui poussent Vincent à aller parler à Rosalie, à l’extra couche Oedipe utilisée une bonne dizaine de fois (au cas où on nous aurait déjà débranchés et on ne comprendrait pas). Je n’évoquerai pas le cas d’Anémone qui campe avec tellement de subtilité la mère possessive et folle dingue qu’on en viendrait presque à regretter Marthe Villalonga. Quant à Kyan Kojandi, il pourrait nous faire un épisode inédit de Bref, dire « Bref. J’ai tourné dans une daube. »*

La seule question qui nous taraude : que sont allés faire Noémie Llvosky et Kyan Khojandi dans cette galère ?

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*Bref. Un matin j’ai reçu un scénario de Rappeneau, j’ai cru que c’était le père, mais c’était le fils. Je me dis tant pis, c’est pas déjà mal. Je lis le scénario, je prends une douche, je relis le scénario, pas sûr de trouver ça drôle. Je reprends une douche. Mon agent m’appelle, il me dit « c’est de la bombe, c’est le nouvel Amélie Poulain ». Je relis le scénario, je vois que le tournage est à Nevers, je reprends une douche. Là mon banquier m’appelle, je suis à découvert. Mon agent me rappelle. Je dis oui. Bref j’ai tourné dans une daube. »

 

 

 

 

 

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