IRIS, un thriller navrant

Après son incursion dans le biopic (Yves Saint Laurent) et dans la série historique (Versailles), Jalil Lespert se frôle avec Iris à un film de genre, un thriller NAVRANT adapté librement d’un film japonais d’Hideo Nakata.

Au programme : un riche banquier qui recherche sa femme disparue soudainement, un garagiste acculé par les dettes qui semblerait être à l’origine de la disparition et une femme qui pourrait en cacher une autre. Le tout sur fond de soirées fétichistes dignes d’une (mauvaise) pub. 

Tout commence dans un restaurant où un homme visiblement très riche, Antoine (Jalil Lespert), déjeune avec sa femme Iris (Charlotte Le Bon). Ils se parlent à peine, se regardent et se glissent un « je t’aime » convenu en fin de repas. La femme semble lointaine, le regard vide (qui ne la quittera jamais, Charlotte Le Bon parfaite dans son absence d’expression), sort fumer une cigarette en attendant que son mari règle le repas. Quand il ressort, elle n’est plus là. Il reçoit l’appel d’un homme, Max (Romain Duris), lui réclamant une rançon, confirmant ainsi le kidnapping. Antoine met sur le coup deux enquêteurs (Camille Cottin et Adel Bencherif) pour l’aider à retrouver sa femme.

Iris

Autant vous le dire tout de suite, on est très loin du Gone girl de David Fincher ! Très vite l’intrigue révèle un jeu de faux semblant et brouille les pistes sans pour autant retenir notre attention. Qui est complice de qui ? Quels sont leurs motifs ? Jalil Lespert introduit quelques flash backs pour nous expliquer ce qu’on a déjà compris et qui n’ajoutent rien au récit. Ainsi filme-t-il la rencontre entre Iris et le garagiste qui s’accordent à monter un faux kidnapping. Nous voilà sur une seconde piste puis encore sur une autre, sans toutefois ressentir un quelconque effet de surprise, l’intrigue elle-même étant assez attendue et surtout jamais déployée. Et sans rien vous dévoiler, on peut déjà vous prévenir que les rebondissements comme le dénouement n’ont d’égal que de la platitude des dialogues. Aucun personnage n’est vraiment développé dans le scénario à part peut-être celui de Romain Duris dont on découvre quelques bribes de vie. La mise en scène est inexistante et ne consiste qu’à enrober l’histoire d’un filtre pseudo esthétique avec les codes couleur liés aux lieux. Le dénouement final ne vient malheureusement pas relever l’intrigue.

Iris accumule les clichés et finit par mettre mal à l’aise à force de maladresses et d’échanges affligeants comme celui entre le mari soi-disant désemparé et son enquêtrice (« vous voulez savoir si je trompe mon mec ? », « je suis sûr que vous faites un beau couple tous les deux », « on en veut toujours plus, vous ne croyez pas ? »). Ajoutez à cela les scènes SM au ralenti et l’omniprésence de la musique-qui-fait-peur, vous obtiendrez un film indigeste, qui ne parvient ni à captiver ni à émouvoir. Bref, un encéphalogramme plat.

Date de sortie : 16 novembre 2016
Distributeur : Universal

 

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