J’AI MEME RENCONTRE DES TZIGANES HEUREUX, le chef d’oeuvre de Petrovic ressort en salles

Film emblématique sur la communauté tzigane, J’ai même rencontré des tziganes heureux d’Aleksandar Petrović ressort en salles en copie restaurée le 15 novembre prochain avec le concours du distributeur Malavida et c’est immanquable.

Pour la petite histoire, le film sort en 1967 et est sélectionné en compétition officielle de Cannes. Claude Lelouch qui fait partie du jury y voit sa Palme d’or mais le président du Festival de l’époque lui annonce qu’il a promis à Antonioni la Palme pour son Blow up. Lelouch démissionne du jury et se battra pour distribuer le film de Petrović.

Entre le documentaire et la fiction, J’ai même rencontré des tziganes heureux raconte l’histoire de Bora, vendeur de plumes qui se dispute avec Mirta les territoires où ils peuvent faire affaire. Bientôt ils se disputeront aussi Tissa, une jolie sauvageonne dont Bora s’est épris.

Tourné en Serbie, J’ai même rencontré des tziganes heureux est le premier film qui met en scène de réels tziganes et constitue un témoignage quasi-documentaire sur cette communauté. Petrović inspirera d’ailleurs Emir Kusturica (on pense plus particulièrement au Temps des gitans) ou Tony Gatlif. Il a su le premier rendre hommage à leur culture, leur musique, leurs coutumes et leur humanité (« Nous sommes des hommes quand même » rappelle Bora à une soeur qui lui refuse de l’argent). Si le film est construit comme une fiction avec un récit et ses personnages, on retient surtout les scènes filmées avec un souci du réel, traversées par la grâce des personnages, plus vrais que nature, telles les scènes époustouflantes dans le bar où l’on peut entendre ce qui est encore aujourd’hui l’hymne tzigane Djelem Djelem, ou dans les habitations de fortune où la boue remplace le bitume. Les acteurs, tous non professionnels, sont absolument épatants et leur présence à l’écran irradie et nous emporte.

Comme dit Claude Lelouch « tout est fait dans ce film pour que le spectateur devienne acteur et se projette » et en cela le film relève vraiment de la fiction. Pourtant, la volonté de raconter leur quotidien transpire, et derrière les scènes fictives et poétiques (la scène où Bora jette les plumes du camion pour ne citer qu’elle), on retrouve tout au long du film des plans au réalisme frappant, jusqu’à la scène finale où alors que Bora est recherché par la police, la caméra balaie tous les visages du village, des vieilles édentées aux gamins clope au bec. Un grand film à découvrir absolument.

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