MAN HUNT DE FRITZ LANG

Man hunt de Fritz Lang (1941)

Le chasseur anglais Thorndike en vacances en Bavière est capturé alors qu’il vise de son fusil le fürher en personne, Adolphe Hitler. Laissé pour mort, il parvient à s’échapper et rentrer en Angleterre. Mais la traque est loin d’être finie et aidé d’une jeune femme (Joan Bennett), il va tenter à nouveau de leur échapper donnant lieu à une scène de poursuite dans le métro mémorable.
Man Hunt est le premier film de Fritz Lang s’attaquant avec virulence au nazisme, nazisme que le réalisateur a fui dès un soir de 1933 juste après s’être vu offert une collaboration avec le parti par Joseph Goebbels. Après un passage en France, c’est à Hollywood qu’il réalise ce thriller Le chasseur chassé se voit cerné dans chaque lieu et refuse jusqu’au bout de confesser un aveu mensonger : être le commanditaire de cet assassinat par l’état major britannique. La scène d’interrogatoire entre Georges Sanders et Walter Pidgeon est d’ailleurs très révélatrice du regard que Lang pose sur le régime. Dans un noir et blanc très contrasté, le cinéaste met en scène un jeu d’ombres menaçantes et donne une place capitale au hors champ, rendant ainsi compte de la violence des pratiques nazies. Le film nous garde en haleine jusqu’au dernier plan avec tous les ingrédients du film noir, une pointe de comédie et une romance impossible et tragique. Un éloge au courage et à la liberté de penser.

RENCONTRES DES CINEMAS D’EUROPE #J2

The shop around the corner d’Ernst Lubitsch (1940)

Cette année les Rencontres organisent une rétrospective de films hollywoodiens réalisés par des cinéastes européens aussi fameux et talenteux que Lubitsch, Michael Curtiz, Fritz Lang ou Douglas Sirk. Car quand on parle de cinéma hollywoodien, on semble oublier que bon nombre de techniciens étaient originaires d’Europe et ont émigré vers le continent américain, en particulier avec la montée du nazisme dans les années 30.

Tourné en 1940, The shop around the corner met en scène James Stewart et Margaret Sullavan employés d’un magasin à Budapest comme il n’en existe sûrement plus dans ce bas monde. Vous savez, le genre de magasin familial où le patron, bien qu’à sa place de patron, s’inquiète de la santé des parents de sa comptable.
Alfred Kralik est le plus ancien employé du magasin et se voit obligé de supporter Klara, fraîchement embauchée et qui n’arrête pas de le contredire. Pourtant Alfred va réaliser que la femme avec qui il échange secrètement des lettres n’est autre que sa rivale.
Derrière cette histoire simple et ce portrait quotidien d’un magasin sur fond menaçant de chômage, se cache un véritable chef d’œuvre de la comédie romantique qu’aucun remake n’est parvenu à égaler. Plusieurs raisons à cela : d’abord « to be or not to be Lubitsch », telle est la question car ce cinéaste utilise l’espace avec une virtuosité légendaire. Ensuite il y a James Stewart dans un rôle qui oscille entre l’assurance et la timidité et qui fait de son personnage un homme aussi charmant qu’attachant. Enfin la peinture sociale en arrière plan pourrait inspirer bien des films ayant pour thème la crise, comme ce film dans lequel nous jouons tous en ce moment. Enfin encore, la magnifique scène finale que nous ne dévoilerons pas ici, mais qui reste un sommet du genre. Et dire que ma fille a préféré rester au chaud à la maison plutôt que de me suivre…


Les neiges du Kilimandjaro de Robert Guédiguian (2011)

Tout commence comme un bon vieux cru de Guédiguian : un port de pêche, une usine, une réunion de syndicalistes et quelques malheureux tirés au sort pour être licenciés. Mais malgré ce contexte économique, ce qui prédomine c’est l’amour. L’amour et l’amitié. Michel et Marie-Claire fêtent leur trente ans de vie commune auprès de tous leurs amis et se voient offrir un voyage. On se croirait presque dans un film de Cassavetes tant on est heureux de retrouver la clique (Gérard Meylan, Ariane Ascaride, Jean-Pierre Darroussin) et de sentir tous ces beaux moments d’amour entre les personnages. Pourtant tout va voler en morceaux quand Michel et Marie-Claire se font ligoter et dérober l’argent de leur voyage. Bientôt Michel découvre et dénonce l’un des coupables qui n’est autre qu’un ancien collègue lui aussi licencié, élevant seul ses deux petits frères. Le film interroge alors sur la responsabilité des uns et la culpabilité des autres, remet en question des personnages à priori irréprochables pour finalement ne laisser prédominer que l’essentiel : la bonté, la vraie, pas celle pétrie de bons sentiments, non, celle choisie parce qu’instinctive. L’un des meilleurs Guédiguian.

Les Rencontres des cinémas d’Europe : J 1

Ça y est le moment tant attendu des Rencontres des cinémas d’Europe vient de sonner. Et oui il faut dire qu’au cœur de cet automne, le notre (de cœur) devient plus que morose. Alors quoi de mieux que de se retrouver autour d’un bon film, de débattre, de manger un morceau aux différentes tables albenassiennes et de guetter les cinéastes invités, leur poser des questions pour les Carnets de rencontres et les regarder dans le blanc des yeux quand ce n’est pas à nous de les interviewer (ah Benoit Jacquot… too bad, next time that’ll be me !).

Pour le premier jour, les Rencontres nous gâtent avec une rétrospective du cinéma hollywoodien made by des Européens et je vous quitte pour aller revoir l’excellent The shop around the corner d’Ernst Lubitsch, comédie romantique avec James Stewart et Margaret Sullavan. Quand je pense que je suis en train de me battre avec mes enfants pour les inciter à me suivre….

MOI GEEK ?

Plus d’une semaine qu’il avait disparu. Et le voilà enfin revenu au bercail. Quel soulagement ! Non il ne s’agit pas d’un homme ou d’un chat qui aurait décampé, mais bel et bien de mon ordinateur.  Je sais, vous allez trouver que c’est assez triste de réagir ainsi, mais je l’avoue : il m’a manqué ! Et que celui ou celle à qui cela est arrivé et qui a réagi différemment me jette la pierre !
Pourtant mon informaticienne me l’avait bien dit « c’est comme une voiture, quand ça marche on n’y pense pas, mais quand ça plante, ça ne pardonne pas ». Et surtout ça ne prévient pas. Boum, black out d’un coup. Et évidemment on n’a rien sauvegardé parce que on se dit que ça n’arrivera pas. C’est là où je me rends compte que justement je suis très loin d’être une geek.
Les premiers jours, j’étais démunie. Ecrire à nouveau sur un cahier ? Effectivement ça marche aussi (sauf pour les mails, ou alors faut mettre un timbre !). Regarder un film ? Forcément quand on choisit de ne pas avoir la télé, l’ordinateur occupe de nouvelles fonctions. Et bien finalement, je me suis remise à lire, à flâner, à travailler sur ma terrasse et avec le retour des beaux jours, c’est pas mal non plus. Donc finalement de quoi se plaint le peuple ? En plus mon ordinateur est comme neuf.

SE RENCONTRER ENFIN

La e-coopérative, c’est sympa, mais se voir pour de vrai c’est encore mieux. Voici chose faite avec les 2èmes Rencontres du tourisme qui se déroulent aujourd’hui à Aubenas. L’objectif était de confronter les acteurs du tourisme et du développement local pour leur permettre de se rencontrer, d’échanger et pourquoi pas, d’innover ensemble. Eclectic était présent en tant que e-coopérative tournée vers les métiers du web et de la communication et j’ai enfin pu mettre un visage sur mes « co-entrepreneurs ». Et même si le public n’était pas au rendez-vous, les petits acteurs  locaux que nous sommes étions contents de se rencontrer, de rediscuter de nos complémentarités et de se redonner un peu d’entrain dans une période politiquement et économiquement sombre (enfin là je ne parle peut être que de mon point de vue !). Comme quoi, les rapports humains restent essentiels même à l’heure des hautes technologies. Ouf , tant mieux !