LES INDESTRUCTIBLES FONT UN RETOUR EXPLOSIF

Découvrir en avant première mondiale Les Indestructibles 2 en présence de son réalisateur Brad Bird, c’est aussi ça le Festival d’Annecy ! Retour sur ce deuxième volet explosif tant attendu .

Une salle Bonlieu archi remplie, des centaines d’avions en papier (une tradition ici) traversant la salle sous les applaudissements du public déchainé, un premier court métrage en préambule signé Pixar aussi drôle que décalé (Bao de Domee Shi) quand arrive enfin Brad Bird qui se voit remettre le cristal d’or avant la projection « cadeau » de son film. L’attente aura été longue (14 ans depuis Les Indestructibles) mais le résultat est largement à la hauteur !

La famille de super héros la plus célèbre est réduite à vivre dans un motel, leurs derniers exploits familiaux n’ayant pas remporté l’unanimité dans l’opinion publique. Helen-Elastigirl se dévoue pour trouver un emploi et inverser les rôles, Bob s’étant déjà sacrifié dans son job d’assureur. Il restera à la maison avec les enfants pendant qu’elle ira travailler. En disant cela, elle ne pensait pas trouver un emploi de super héros ! Winston Deavor (dont la voix américaine est doublée par Bob-BetterCallSaul-Odenkirk), fan de super héros qui a fait fortune dans les telecommunications lui offre en effet l’opportunité de leur redonner une image positive dans un plan de communication huilé par sa soeur Evelyn. La voici donc partie en mission caméra accrochée sur elle pour témoigner du bienfait de leurs actes. Bob se retrouve quant à lui père au foyer dépassé par les problèmes d’adolescence de Violette, l’énergie de Flèche et les super pouvoirs naissants de Jack Jack.

On peut dire que Brad Bird n’a pas fait les choses à moitié pour ce grand retour. Le film démarre en trombe avec la terrible attaque du Démolisseur que tentent de stopper nos indestructibles préférés, non sans détruire eux-mêmes plusieurs bâtiments. Les médias relayent davantage les pertes matérielles que leurs exploits qui ont sauvé des vies et l’opinion ne leur est plus favorable. C’est la crise pour les super héros devenus hors la loi et menacés de se retrouver à la rue. Qui d’autre pour les sauver qu’un riche mécène persuadé qu’ils sont victimes d’une injustice ? Et comment les réhabiliter si ce n’est en les invitant à faire ce qu’ils font de mieux : combattre le mal avec leurs super pouvoirs ? Elastigirl se retrouve propulsée tête d’affiche et la vedette d’une téléréalité hors du commun. Les cascades et les effets spéciaux sont absolument incroyables et l’on reconnait derrière la virtuosité et l’inventivité de la mise en scène, la patte du réalisateur de Mission impossible protocole fantôme.

Ce qui réjouit également toujours autant, ce sont bien les scènes de la vie conjugale où Bob doit faire face à un quotidien ordinaire qui devient extraordinaire de par les supers pouvoirs de ses enfants. Cette famille américaine malgré leurs dons nous ressemble et n’échappe pas aux clichés du genre. Un père qui aimerait bien lui aussi être sur le devant de la scène à place de sa femme, une jeune fille en plein émoi amoureux et qui se bat pour avoir l’air normale et une mère qui est prête à quitter son nouvel emploi au moindre signe de détresse de son mari. Mais la grande trouvaille de ce volet, c’est Jack Jack qui s’impose comme le personnage le plus inventif et le plus drôle. Le bébé rieur est désormais capable de se cloner, de devenir une boule de feu, de traverser les murs ou se battre avec un raton laveur et nous offre les scènes les plus mémorables.

De nouveaux super héros font leur apparition mais bien sûr on retrouve les personnages phares comme Edna (en babysitteuse dans une scène hilarante) et Frozone. La mise en scène nous tient en haleine tout le long du film avec des scènes de course poursuite de train ahurissante, des inventions géniales, une touche de féminisme décapant, un combat impressionnant dans une cage  électrifiée et un humour qui le hisse au rang des films d’animation qu’on ne se lassera pas de voir et revoir.

Elastigirl contribuera-t-elle à réhabiliter les super héros ? Vous le saurez le 4 juillet, et franchement, peu de chance que vous soyez déçus !

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FESTIVAL D’ANNECY 2018, UNE PROGRAMMATION PROMETTEUSE

Annecy est à l’animation ce que Cannes est à la fiction : un festival de renommée internationale avec une sélection de films en compétition, des guest stars et un marché pour les professionnels devenu incontournable (MIFA).  Cette 42e édition du festival d’Annecy se tiendra du 11 au 16 juin 2018 et rendra un  hommage tout particulier à l’animation brésilienne. Un petit panorama du programme ?

La sélection officielle

L’animation se porte bien, la preuve le Festival d’Annecy a reçu plus de 3000 soumissions de films ! Au final, 218 films seront présentés dont 10 longs métrages et 130 courts métrages en compétition, 13 longs métrages hors compétition et de nombreux autres courts projetés dans le cadre du festival. Au total ce sont pas moins de 93 pays représentés ! Le festival explore aussi les nouveaux chemins de la réalité virtuelle avec 11 films en sélection officielle VR @Annecy que le public pourra découvrir le dimanche 10.

Parmi les 10 longs métrages en compétition, on pourra découvrir Le mur du canadien Cam Christiansen, film en plein dans l’actualité sanglante du conflit israélo-palestinien mais aussi Funan du belge Denis Do, sur les atrocités commises par les Khmers rouges au Cambodge, période tragique déjà abordée dans les formidables documentaires de Rithy Panh (S21, la machine de mort khmère rouge et L’image manquante).
On voyagera également au Japon avec Miraï, ma petite soeur d’une des figures majeures de l’animation japonaise, Mamoru Hosoda et Okko’s inn de Kitaro KOSAKA (ancien collaborateur de Miyasaki), en Afghanistan avec PARVANA,  une enfance en Afghanistan de Nora TWOMEY, au Brésil, pays à l’honneur cette année, avec Tito et les oiseaux de Gustavo Steinberg, Gabriel Matioli Yazbek Bitar, André Catoto Dias mais aussi en Italie avec Gatta Cenerentola, une nouvelle variation de Cendrillon, que certains auront peut être déjà découvert à Venise, co-réalisé par  de Alessandro Rak, Ivan Cappiello, Marino Guarnieri et Dario Sansone.

Un festival aux couleurs brésiliennes

Après la Chine l’an passé, c’est au Brésil d’être célébré à Annecy ! Le délégué artistique du Festival Marcel Jean souhaitait « montrer comment ce grand territoire est une puissante source de création, comment les animateurs brésiliens ont su y puiser une expression singulière et forte. »
La programmation réalisée en collaboration avec le festival brésilien 
Anima Mundi, nous permettra de découvrir un classique de l’animation brésilienne, Sinfonia Amazônica (1953), et le documentaire Lumière, animation, action d’Eduardo Calvet mais aussi de revoir Le Garçon et le Monde (Cristal du long métrage et prix du public en 2014) ainsi que 3 programme de courts autour des questions sociétales que sont la déforestation, la sexualité ou la musique. Deux expositions, l’une dans un square en plein air sur l’animation brésilienne, l’autre, Tudo Bom, au Haras qui propose des projections d’oeuvres animées  viendront compléter ce panorama du plus grand pays d’Amérique latine.

Le garçon et le monde

En avant la musique !

« Rendre hommage à la musique dans le cinéma d’animation, c’est d’abord donner une place sur scène aux musiciens, pour rappeler de la manière la plus forte qui soit l’importance de la dimension musicale dans notre relation au film, dans l’émotion qui s’en dégage, dans sa structure même. » – Marcel Jean

Cette édition rendra hommage à la musique d’animation à travers cinq rétrospectives thématiques : Classique, Opéra, Pop Rock, De Visu, Tétralogie de Rosto mais aussi des ciné-concerts, des ateliers pour enfants initiant à recréer des bandes son. Le vendredi 15, belle surprise avec un concert de Dominique A et une performance inédite et en direct de Sébastien Laudenbach (réalisateur du très beau La jeune fille sans main) à 20h30 au Brise glace. De quoi en avoir plein les mirettes….et les oreilles !

Les séances évènements

Pour couronner sa belle programmation, le festival d’Annecy organise des séances évènements tout au long de la semaine. Ainsi Michel Ocelot aura le privilège d’ouvrir cette édition avec Dilili  à Paris le lundi soir suivi le mercredi de Hôtel Transylvania 3 et vendredi, en avant première mondiale, nous aurons la chance de découvrir Les indestructibles 2 en présence de Brad Bird qui se verra remettre le Cristal d’honneur pour saluer l’ensemble de sa carrière. Le festival d’Annecy ne plaisante pas en matière d’évènements !

Dilili à Paris de Michel Ocelot en ouverture

Enfin cette 42ème édition promet de belles rencontres (Christina Miller, Florence Miailhe, Éléa Gobbé-Mévellec et Zabou Breitman, ou encore Lino DiSalvo, Lorenzo Mattotti et Pablo Grillo), mais aussi des séances nocturnes pour les plus avertis avec la programmation Midnight specials, un hommage aux films marquants du cinéma d’animation dans le cadre d’Annecy Classics, des dédicaces, des masterclasses et même des séances en plein air.
Une très belle édition en vue !