AND THE OSCAR GOES TO…

He made it ! Notre Loulou national vient de remporter l’oscar du meilleur acteur !

Alors que vendredi soir, la France a préféré récompenser Omar Sy, les américains ont élu Jean Dujardin meilleur acteur de cette cuvée 2012.

Faut-il le rappeler, Jean Dujardin est le premier acteur français à recevoir un tel prix. Et pour couronner le tout, il passe devant deux grandes stars hollywoodiennes, j’ai nommé Brad Pitt et George Clooney. De quoi être un peu fier !

Le film a d’ailleurs remporté quatre autres prix dont celui du meilleur réalisateur pour Michel Hazanavicius et du meilleur film. Un tiercé gagnant pour un film tourné à Hollywood  et véritable éloge au cinéma américain des années 20.

On peut se demander dès lors ce qu’ont récompensé les américains à travers ce film. Une histoire qui est la leur ou la capacité des français à les pasticher si génialement ?

Peu importe finalement, on est juste contents, comme pour une coupe du monde, on se sent tous comme faisant partie de l’équipe. Et on imagine le bonheur des cinquante français venus les soutenir et les accompagner comme Thierry Frémaux, Gilles Lelouche.

Le premier mot qui m’est venu en entendant la nouvelle est le même que celui que Jean Dujardin a lâché, la statuette dans la main : « Putain ! »

Et le « beauf » qui sommeille en nous a envie de dire : on a ga-gné !

AVE CESAR

Je ne sais pas pourquoi tous les ans (ou presque) je m’obstine à regarder la cérémonie des césars. Il faut dire que cette année, la sélection était très hétéroclite, du phénomène Intouchables à L’Apollonide de Bertrand Bonnello et laissait croire à de bonnes surprises.

Mais la soirée s’est avérée aussi ronronnante et ennuyeuse que d’habitude.
De Caunes malgré quelques remarques audacieuses n’était pas au meilleur de sa forme et les heureux gagnants nous ont  gratifiés de remerciements soporifiques et interminables.

Mais la curiosité m’a fait tenir jusqu’au bout (3 longues heures dans cette grande et belle famille du cinéma français, paillettes et rictus confondus) pour entendre sonner le verdict finalement tant attendu : 6 oscars pour The artist (dont meilleur réalisateur, meilleur film et plus étonnant, meilleure actrice pour Bérénice Béjo qui passe ainsi devant les excellentes Marina Fois, Karine Viard et Valérie Donzelli ! no comment). Jean Dujardin reste sur le carreau puisque le césar du meilleur acteur a été attribué à Omar Sy.

On reste vraiment sur notre fin et on ne peut s’empêcher d’être désolé pour Valérie Donzelli qui repart bredouille avec son magnifique La guerre est déclarée et pour Maiwenn et son  Polisse qui ne remporte que deux césars sur ses 13 nominations.

Bon c’est sûr l’année prochaine je ne regarderai pas ! Heureusement dimanche soir il y a les Oscars…

THE ARTIST

Ce soir, je suis allée voir The artist avec mes filles.

Pas parce que je venais de défendre Jean Dujardin (cf. article précédent). Non juste parce que j’avais envie de le voir depuis un moment mais mes enfants étant plus réticentes, j’avais abandonné l’idée. Pourtant on peut dire qu’elles sont habituées à voir des vieux films. Ma plus jeune fille m’a même rappelé ce matin que je leur avais montré Le pirate noir avec Douglas Fairbanks, et qu’elle n’était pas emballée de voir notre OSS 117 national en version muette et en noir et blanc.

Je ne regrette pas d’avoir insisté. The artist est un film magnifique, bouleversant, subtil et nous ramène à l’essence même du cinéma. La magie opère à chaque instant, et semble entourer le film depuis sa genèse. Imaginez un peu un type assez fou (Michel Hazanavicius) pour lancer en 2011 : « Tiens j’ai envie de réaliser un film muet en noir et blanc sur une star de Hollywood dans les années 20 ». Et un autre type (Thomas Langmann) qui lui répondrait « Ok je te suis, vas-y on fonce, I am in ! »

Si ça ce n’est pas magique déjà ! Oser pasticher les plus grands (on pense évidemment à Chaplin mais pas seulement) dans leur pays d’origine et y parvenir avec autant de talent, de délicatesse, d’imagination.

La bande annonce avait l’air de raconter tout le film en deux minutes, mais il n’en est rien. The artist c’est l’histoire d’une star qui refuse obstinément le passage au cinéma parlant et va courir à sa perte par orgueil. Mais c’est aussi une véritable histoire d’amour, entre Peppy Miller, élue nouvelle star du cinéma parlant et lui. Une histoire d’amour qui parait impossible et qui pourtant ne les quitte jamais.
Mais ce qui nous éblouit au-delà de cette histoire et de cet hommage rendu au septième art, ce sont toutes les jolies trouvailles de mise en scène, poétiques et inventives, comme ce bras glissé par Peppy dans la veste de George Valentin pour s’enlacer elle-même, ou comme cette très belle scène de danse des pieds où les deux protagonistes se retrouvent sans se voir. Chaque plan nous replonge dans une émotion première, celle qui nous rappelle qu’un film c’est avant tout une représentation, un spectacle qui nous touche, nous fait rêver, rire et pleurer dans ce qu’il a de plus universel, d’immortel et d’essentiel.

Dans une scène où Peppy Miller, devenue star, est interviewée, elle explique aux journalistes que son succès est lié aux possibilités offertes par le cinéma parlant, la parole effaçant tous les gestes superflus. Pourtant des deux c’est elle qui minaude le plus.Le regard anéanti de George Valentin, assis juste derrière elle, prouve le contraire. L’émotion vient de l’expression et du corps, pas seulement des mots. George Valentin joue des rôles d’aventuriers, il bouge, saute, court, tue, délivre, sans un mot. Comme il reste muet devant sa femme qu’il délaisse. Le monde de George est muet, mais quels mots pourraient s’ajouter à l’image de lui englouti par les sables mouvants ? Et si finalement ce n’était pas les gestes qui étaient superflus mais les mots ?

Jean Dujardin (bah oui j’y arrive enfin !) est stupéfiant et là encore, on se dit que les mots sont vains. On a juste envie de se lever, de lui sourire, de le remercier du regard, de l’applaudir et de danser comme lui.

Et on espère vivement que la magie opérera jusqu’au 26 février…..

RICKY GERVAIS HILARANT AUX GOLDEN GLOBES

Ces derniers jours ont vu la consécration de The artist et de son acteur Jean Dujardin aux Golden Globes.La presse a très largement couvert cet évènement et partout l’on voyait Jean Dujardin en train de danser des claquettes en imitant Douglas Fairbanks ou, pire, sa femme, brandissant son portable pour enregistrer ce moment, ou pire encore, le sein de sa femme s’échappant de sa robe lors de leur étreinte. Cela pourrait s’appeler « Chouchou et Loulou à L.A ».

Mais ce qu’on a moins vu dans les medias, c’est le discours d’ouverture hilarant du génial Ricky Gervais, qui n’épargne pas grand monde devant ce joli parterre hollywoodien.
Et dire qu’ils le réinvitent tous les ans à présenter la cérémonie… On peut dire que les américains ont de l’humour !